
Une mission avec des jeunes
Témoignage du Père Bruno C. prêtre « Fidei Donum » au Brésil.
Dans un courrier du début de l?année, il raconte une mission menée avec des jeunes.
Un pèlerinage qui se transforme en mission
(...) Les semaines qui ont suivi, à chacune des messes dans les communautés de base, j'ai essayé de convaincre des jeunes de venir participer l'une des deux « Romaria » (pèlerinage) pour « vivre un temps important pour eux ». Il était prévu une « Romaria » traversant toutes les communautés de la moitié nord de la paroisse avec les jeunes de ces communautés du 2 au 4 janvier, et une autre pour la moitié sud du 5 au 7.
Le choix de faire ce pèlerinage dans la paroisse avait quatre objectifs :
- permettre de participer sans rien payer (ce sont les communautés qui assuraient repas et coucher), à des communautés de vivre le partage ;
- permettre à des jeunes de se joindre au fur et à mesure de la marche ;
- rendre visible un travail d'évangélisation des jeunes et y associer les communautés ;
- permettre aux communautés de profiter de l?Évangile annoncé par les jeunes, former l?ensemble de la communauté.
Comme je ne sentais pas de réponse, j'ai changé de manière de parler et, à chaque messe, je faisais lever tous les jeunes de 14 à 25 ans et disais que nous avions besoin de « missionnaires » pour venir faire une mission de trois jours dans plusieurs communautés. Là, immédiatement je sentais un « frémissement ».
Il n'a jamais été possible d?avoir la moindre liste d'inscription. Je pensais que nous serions 30 à 40 pour chacune des deux missions. Les communautés qui avaient la charge d?accueillir les jeunes de leur offrir soit le déjeuner, soit le dîner et coucher s'inquiétaient de savoir comment s'organiser.
(...) A 7h, 4 jeunes nous attendaient dans le village de « Mundo Novo » (Monde nouveau). Quand le bus est arrivé à la communauté suivante, Saint Sébastien : personne. Saint Jean-Baptiste : un jeune sur les 7 qui s?étaient annoncés. Saint Antoine : 0. Saint Raymond : 6, là où 20 étaient annoncés. A Notre Dame de Lourdes, nous avons été frapper à la porte de 2 autres jeunes qui habitaient sur le bord de la route et qui ont accepté de se lever en vitesse et de venir pour la journée. A Santa Luzia, ce sont 13 jeunes qui se sont retrouvés, accompagnés par Rita, professeur qui porte avec moi le souci des jeunes, et par Soeur « Maria do Socorro » qui vient d?arriver sur Guaçuí et va soutenir la mission sur Dores.
Nous remettons à chaque jeune un livret dans lequel il y a le texte des Actes des Apôtres racontant l?histoire de Paul. Quelques passages sont résumés en quelques lignes. (...)
Nous commençons par une heure où nous lisons la conversion de Paul jusqu'à sa fuite de Jérusalem pour Tarse. 15 minutes de silence pour regarder Paul avant, pendant et après sa conversion, pour choisir une "parole de vie". Une dizaine de jeunes et adultes de la communauté participent. 4 jeunes d'origine africaine ont des commentaires impressionnants sur Paul.
Comme elle le fera tout au long de la marche, Maria do Socorro prend sa guitare, fait apprendre des chants gestués sur l?Évangile aux jeunes, des chants avec des paroles fortes que les jeune ont immédiatement adoptés.
(...) Après le déjeuner pris dans une maisonnette et offert par la communauté, les jeunes se répartissent dans les trois communautés distantes de 2 km : Saint Antoine, Saint Jean-Baptiste, Saint Sébastien.
Dans chaque maison, ils questionnent la famille sur sa vie, les enfants, les joies, les peines. Ils lisent le texte de la conversion de Paul, proposent de dire une "parole de vie", disent la leur, demandent si les gens ont des intentions de prière, disent le Notre Père, passent de pièce en pièce avec de l'eau que nous avons bénie avant de partir. Ils vont au hasard, y compris dans les maisons de personnes évangéliques ou non croyantes, en général bien accueillis. Chaque jour, ils ont proclamé le texte de la conversion de Paul jusqu'à 10 fois.
Un groupe a été chargé de visiter les 10 familles qui ne veulent plus venir depuis 6 mois à cause de la bagarre avec armes, et de les inviter à venir célébrer. (...) En cours de chemin, y compris un moment en passant au milieu d'un champ de maïs, on croise telle ou telle personne. C'est l'occasion de s'arrêter, d'appeler à venir rejoindre les jeunes le soir. (...)
A l'Eglise, la responsable de la communauté de base demande si ce serait possible de prévoir un jour la première communion d'Isaac, 20 ans, handicapé mental. Elle évoque la première communion d'un autre adulte que j'avais provoquée quelques mois avant et la joie de cette personne chaque fois qu'elle reçoit le Christ.
J'essaye d'expliquer à Isaac qu'il allait pouvoir préparer sa communion, qu'il pourrait la faire d'ici quelque temps. Mais j'ai vite vu que je ne pouvais pas lui expliquer la question du « temps » pour se préparer. Il participe à toutes les célébrations. Aussi, avec la responsable de la communauté, nous lui proposons de faire sa première communion aujourd'hui. Dès qu?il a eu communié avec beaucoup de recueillement, le voilà qui part en courant et saute au cou de cette femme en laissant éclater sa joie.
Il y a des moments, en voyant ces jeunes se donner à fond dans la mission, en entendant Noémi prendre la parole avec beaucoup de force au cours de la messe pour inviter les autres jeunes à se joindre à eux, en voyant Isaac recevoir le Christ, en voyant cette communauté qui était si divisée il y a quelques mois réconciliée par l?arrivée de Lucimar, nouvelle coordinatrice, ancienne directrice et fondatrice de l?école du village, femme de foi profonde et artisan de paix, où les mots de Jésus prennent une saveur insoupçonnée :
A l'instant même, il exulta sous l?action de l?Esprit Saint et dit : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d?avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l?avoir révélé aux tout petits. Oui, Père, c?est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance.? (Luc 10,21)
Témoignage du Père Aloys B., capucin, communauté dans la banlieue d'Istanbul.
Voici son courrier de Pâques 2007 pour l'équipe de Coopération Missionnaire.
Joyeux Alléluia, pour toi et toute l'équipe de la Coopération Missionnaire. (...)
Le ministère du tourisme a fait restaurer l'église arménienne de l'île d'Aktamar, sur le lac de Van. L'inauguration s'est faite assez solennellement, avec la présence de nombreuses « autorités » (dans ce sens là, ça se dit « otorite » en turc !). Nous en avons eu des échos par le P. Georges Marovitch qui est l?antenne de la nonciature à Istanbul. Transport très bien organisé des invités en avion, car, bateau, avec forces de police importantes : on craignait une contre manifestation du comité de défense des turcs tués par des arméniens. En fait, tout s'est bien passé et il y a même un projet de monument commémoratif commun des victimes du massacre des arméniens et des victimes turques, évidemment beaucoup moins nombreuses, mais qui ont existé tout de même. Si cela se fait, ce sera un pas en avant dans ce problème qui contribue à bloquer la Turquie dans sa marche vers l?Europe. A l?issue de la célébration, le Patriarche arménien Mesrop a demandé si on ne pouvait pas mettre une croix sur le monument (ou plutôt en remettre)... La question est allée jusqu'au ministre du tourisme qui a répondu que c'était impossible parce qu'il n'y avait pas de croix sur Ste Sophie ! (...) La question en est restée là, mais le Patriarche a ensuite demandé si on ne pourrait pas célébrer une messe une fois dans l'année, comme cela se fait par ex. à Demré dans l?ancienne basilique St Nicolas (Myra) ou à la grotte de St Pierre à Antakya. Cela s?arrangera sans doute, car le Patriarche a de bonnes relations avec le gouvernement turc.
Dans notre petite Custodie (= ensemble de communautés qui ont reçu mission sur un territoire, ndlr), nous aurons dimanche prochain à Izmir (sa ville natale) l?ordination presbytérale de Fr. Mesut. Nous aurons donc trois frères « du pays » dans la Custodie.
Tous mes voeux de Pâques encore !